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Dossier technique : Politique de réduction des risques : quelle efficacité des programmes d’échange de seringues ? 2ème partie. Leçons d’expériences internationales

jeudi 24 avril 2014

Touzeau et Courty (2012) rappellent que dès 1924, les médecins anglais sont autorisés à prescrire des drogues aux toxicomanes qui sont incapables de s’abstenir et ce afin de limiter les effets secondaires de leur dépendance. Dans les années 1980, dans la ville de Liverpool, un programme voit le jour : le ‘Mersey Harm Reduction Model’. Ce programme se concentre davantage sur les dommages causés par l’utilisation de substances illicites plutôt que sur la diminution de leurs usages. L’épidémie du VIH n’est pas étrangère à cette démarche (échange de seringues contaminées). Du matériel d’injection est ainsi distribué via des travailleurs sociaux qui ‘vont vers les usagers’ : dans un premier temps, ils se déplacent là où se trouvent les consommateurs de drogues et espèrent ainsi, dans un second temps, les orienter dans des structures médico-sociales.
Selon Maestracci (2010), dans les politiques de réduction des risques, deux catégories de pays se dégagent : d’une part, les pays comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suisse, les pays nordiques ou l’Australie ont mis en place des mesures de réduction des risques dès l’apparition du sida en 1985 ;d’autre part, les autres pays comme notamment la France ou les Etats-Unis qui développent une approche quelque peu moralisante des questions d’addiction. Dans ce contexte, ce sont souvent les associations et les militants qui oeuvrent à la mise en place de mesures de réduction des risques.

Friedman et al. (2007), cités par Touzeau et Courty (2012), rappellent d’ailleurs que les premiers à prendre conscience du risque infectieux lié au virus du sida furent les toxicomanes eux-mêmes qui mirent en place, notamment dans l’état de New-York et aux Pays-Bas, des programmes d’échange de seringues ‘officieux’, en utilisant des seringues ‘homemade’ ainsi que du matériel d’injection généralement utilisé pour les patients diabétiques ; ceci de manière à éviter la propagation du virus.

Dans de nombreux pays, les programmes d’échange de seringue (PES) font désormais partie intégrante de la politique de réduction des risques auprès des usagers de drogues. Les programmes d’échange de seringue (PES) sont « des structures qui mettent à disposition des usagers de drogues injectables du matériel stérile (gratuitement ou non) dans le but de réduire la transmission des virus et autres infections liée au partage de matériel de consommation. Ils offrent également du matériel servant à préparer l’injection (filtres, eau, récipients pour le mélange) ou la
consommation de drogues sans injection (pailles/pipes à crack, feuilles d’aluminium,…) ». Cependant, ces programmes vont au-delà de cette mission première de ‘distribution’ : conseils sur les pratiques d’injection ou sur les manières d’éviter les surdoses ; information concernant l’accessibilité aux tests de dépistage et/ou aux préservatifs, aux structures de soins et aux services sociaux ; aides à l’arrêt de l’injection ou au passage vers une consommation sans injection, etc.

Voir en ligne : Dossier n°68. 2ème partie

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